JFR 2010 - 4305 - Radiologie conventionnelle et bonnes pratiques, 1e partie

Mis à jour le 27/06/2011 par SFR
Que reste-t-il de l'abdomen sans préparation (ASP) chez l'adulte ?
JM BRUEL, P TAOUREL, S AUFORT, D REGENT
Objectifs
Messages à retenir
Alors qu'il reste un examen encore très demandé, il ne reste presque plus rien des indications de l'ASP chez l'adulte. Le radiologue doit connaître les situations cliniques où l'ASP n'est pas indiqué, les argumenter, et savoir proposer alors un examen d'imagerie alternatif.
Résumé
L'ASP a été longtemps considéré comme l'examen d'imagerie indispensable à la stratégie diagnostique d'un certain nombre de conditions cliniques, notamment en pathologie digestive ou uro-gynécologique. L'évolution des techniques d'imagerie en coupes a modifié ces stratégies et doit faire abandonner le recours à l'ASP dans la plupart des situations cliniques qui constituaient ses indications traditionnelles : l'ASP apporte rarement les éléments diagnostiques indispensables à la prise en charge. Il est inutile et sur-irradiant lorsqu'il doit être complété, souvent très rapidement, par une technique plus précise, la TDM notamment. Demandé dans ces conditions, l'ASP reste un examen inutilement coûteux : 35,2 millions € pour 1 133 000 d'actes réalisés au plan national sur l'année 2007 (données CCAM) ! Parce que l'ASP a une sensibilité médiocre, il est un examen potentiellement dangereux, car à tort rassurant, dans bon nombre de situations d'urgence. Il n'est guère que l'exploration d'un corps étranger (présumé radio-opaque, ingéré ou introduit par voie basse, accidentellement ou volontairement…), qui reste aujourd'hui une indication première de l'ASP. Ces données, détaillées indication par indication, ont fait l'objet de recommandations publiées par la HAS (janvier 2009). Chez l'adulte elles doivent faire abandonner aujourd'hui la plupart des demandes d'ASP et les faire remplacer par la TDM ou l'échographie.