JFR 2010 - 3108 - Le poignet traumatique, 1e partie

Mis à jour le 27/06/2011 par SFR
Les fractures du scaphoïde
A FEYDY, E PLUOT, J ROUSSEAU, H GUERINI, R CAMPAGNA, JL DRAPÉ
Messages à retenir
Les fractures du scaphoïde sont fréquentes et souvent méconnues au stade initial, ce qui augmente le risque de pseudarthrose qui constitue leur principale complication. En l'absence de certitude diagnostique, la prise en charge classique consiste en une immobilisation plâtrée du poignet associée à un contrôle radiographique et à un suivi orthopédique dans un délai de 10 à 14 jours. Cette prise en charge utilisant des radiographies de contrôle à distance est actuellement remise en question. Le scanner et l'IRM sont les deux méthodes alternatives les plus performantes pour effectuer un diagnostic plus précoce.
Résumé
La fracture du scaphoïde est la plus fréquente des fractures du carpe (51-90 %). Le trait de fracture est proximal dans 20 % des cas, isthmique dans 70 % des cas et distal dans 10 % des cas. Cette fracture atteint surtout l'homme jeune, après un traumatisme en hyper-extension. La fracture est déplacée dans environ 10 % des cas, en particulier en cas de lésions ligamentaires associées. L'examen clinique a une valeur prédictive positive de 20 % environ. La radiographie standard reste l'imagerie de première intention, mais permet un diagnostic de certitude dans seulement 25 à 50 % des cas, ce qui conduit à immobiliser de nombreux patients présentant une suspicion de fracture sans anomalie radiologique, en attendant un contrôle radioclinique après environ 2 semaines. Cette stratégie est contestée car son coût social est élevé et elle ne permet pas de réduire la fréquence des complications telles que la pseudarthrose, le cal vicieux et l'ostéonécrose du scaphoïde ou l'arthrose du poignet. D'autres méthodes d'imagerie plus sensibles peuvent permettre un diagnostic plus précoce : scintigraphie osseuse, échographie, scanner et IRM qui est actuellement considérée comme la méthode la plus performante.