JFR 2011 - 5308 -Tumeurs cartilagineuses des os 1e partie

Mis à jour le 10/07/2012 par SFR
Chondrome ou chondrosarcome ?
JL DRAPÉ, A FEYDY, H GUERINI, R CAMPAGNA, F THÉVENIN, R BAZELI, J ROUSSEAU, E PLUOT
Objectifs
Messages à retenir
La moitié des tumeurs cartilagineuses siègent sur les os longs des membres où les lésions bénignes sont aussi fréquentes que les lésions malignes. Sur un os long, le chondrosarcome envahit rarement les parties molles et la suspicion de malignité repose sur la taille, le caractère évolutif et soufflant, la profondeur et l'étendue des encoches endostées. La scintigraphie, le signal IRM et en particulier le type de rehaussement après injection de gadolinium ne présentent que peu de spécificité.
Résumé
La discussion entre enchondrome et chondrosarcome est aiguë au niveau des os longs des membres. La clinique est peu discriminante, car la douleur est fréquente dans les enchondromes. Le siège épiphysaire est plutôt en faveur d'un chondrosarcome à cellules claires. Une tumeur de plus de 6 cm avec un remodelage cortical est suspecte de malignité. Un des meilleurs signes de malignité est le caractère profond (plus des 2/3 de l'épaisseur corticale) et étendu (plus des 2/3 de la hauteur tumorale) des encoches endostées. La rareté des calcifications au niveau d'une partie de la tumeur doit faire discuter une composante dédifférenciée. En IRM, la persistance de foyer graisseux entre les lobules de cartilage et en faveur d'un enchondrome. L'injection dynamique de gadolinium ou l'imagerie de diffusion ne sont pas spécifiques. Ces signes présentent beaucoup moins de valeur au niveau des petits os périphériques. La biopsie percutanée n'est pas recommandée en raison du caractère multifocal des foyers malins. Elle peut cependant être proposée dans un premier temps pour les localisations profondes (pelviennes) et être guidée par l'imagerie (nodules avec profondes encoches endostées, foyers d'ostéolyse).