JFR 2011 - 5119 - Traitements intra-artériels des tumeurs primitives et secondaires du foie 1e partie

Mis à jour le 18/01/2012 par SFR
Chimioembolisation intra-artérielle hépatique
B GUIU, F DESCHAMPS, M BOULIN, JP CERCUEIL, D KRAUSÉ, T DE BAÈRE
Objectifs
Messages à retenir
La chimioembolisation est un traitement palliatif qui augmente la survie et/ou qui permet de diminuer les symptômes. Elle a une place fondamentale dans le traitement du carcinome hépatocellulaire et des tumeurs endocrines. Les billes chargées ont montré in vitro et chez l'animal des avantages incontestables par rapport au lipiodol, mais leur bénéfice en terme de survie chez l'homme reste à démontrer. La toxicité hépatique des billes chargées est supérieure au lipiodol. L'optimisation de la drogue de chimiothérapie, l'association aux thérapies ciblées, l'amélioration des moyens de navigation et les traitements combinés devraient permettre d'améliorer l'efficacité de la chimioembolisation. Les critères RECIST-modifiés et le concept de « primary index lesion » devraient faciliter l'évaluation de la réponse.
Résumé
La chimioembolisation a une place centrale dans le traitement du carcinome hépatocellulaire et des tumeurs endocrines, comme traitement palliatif qui augmente la survie et/ou qui permet d'améliorer les symptômes. Depuis quelques années, les billes chargées en chimiothérapie ont démontré in vitro et chez l'animal des propriétés intéressantes en terme de pharmacocinétique de la drogue, dont le relargage est nettement plus progressif et prolongé qu'avec le lipiodol. Cependant, aucun essai thérapeutique n'a démontré formellement à ce jour une amélioration du pronostic avec les billes chargées. Si les effets secondaires systémiques liés à la chimiothérapie sont moindres avec les billes chargées, leur toxicité hépatique est nettement supérieure et doit inciter à la prudence lors des traitements non-hypersélectifs. En dehors de l'optimisation du vecteur, des études cherchent également à optimiser la drogue de chimiothérapie, l'associer aux thérapies ciblées et dans certains cas aux destructions percutanées. L'amélioration des outils de navigation (angiographie 3D, logiciels d'aide à la navigation, ...), permet d'optimiser la planification et la réalisation du traitement. L'arrivée récente des critères RECIST-modifiés et du concept de «primary index lesion» devraient faciliter l'évaluation de la réponse au traitement et faire partie des essais thérapeutiques de phase II/III, dont la nécessité n'a jamais été aussi grande.