Tous nos sites et sites référencés

Tomosynthèse et Double Energie en radiographie thoracique : est-ce utile ?

Mis à jour le 01/06/2017 par SFR

 

Mickaël Ohana, Société d'Imagerie Thoracique (SIT)

Publié dans le numéro de Janvier 2017 de Radiology (1), cet article intitulé « Multi-institutional Evaluation of Digital Tomosynthesis, Dual-Energy Radiography, and Conventional Chest Radiography for the detection and Management of Pulmonary Nodules » cherche à préciser l’apport et la place de la tomosynthèse numérique et de la radiographie double énergie dans la détection des nodules pulmonaires par rapport à la radiographie thoracique standard.
On peut se poser la question de l’intérêt de ce type d’étude, qui arrive probablement un peu tard. La tomosynthèse numérique est cliniquement disponible depuis plus de 10 ans, et si elle a montré jusqu’à un triplement de la sensibilité pour la détection des nodules, elle n’a jamais véritablement percé en pratique clinique, et son utilisation reste anecdotique. Il en va de même de la radiographie double énergie, qui permet de « supprimer » les structures osseuses et augmente ainsi la sensibilité de détection en réduisant les superpositions.

Cet article complexe et rigoureux, à la méthodologie aride, répond de manière définitive à certaines questions :
- la tomosynthèse digitale améliore significativement la sensibilité de détection des nodules pulmonaires, et ce quelle que soit l’expérience du lecteur. Cet effet positif est plus marqué pour les nodules de 4 à 6 mm.
- l’ajout de la double énergie n’a qu’un apport marginal et non significatif. Elle n’est donc pas recommandée par les auteurs.
- La sensibilité reste, même avec la tomosynthèse, faible : elle n’est que de 40 % pour les nodules de 8 à 20 mm, et de moins de 13 % pour les nodules de 4 à 6 mm.
- la dosimétrie moyenne de la tomosynthèse est de 0,1mSv (min et max : 0,07 à 0,41mSv).

Au final, il se pose la question de la place en routine de la tomosynthèse : certes, elle améliore très significativement la sensibilité de détection des nodules, et ce qu’elle que soit l’expérience du lecteur, mais cette sensibilité reste faible. Le scanner thoracique très basse dose, dont la disponibilité en routine est plus grande, et qui n’irradie que 2 fois plus (0,2mSv en moyenne) est probablement d’un rapport « coût radique/efficacité/workflow » plus adapté.

Référence :

1. Dobbins JT et al. Multi-institutional Evaluation of Digital Tomosynthesis, Dual-Energy Radiography, and Conventional Chest Radiography for the detection and Management of Pulmonary Nodules. Radiology. 2017 Jan;282(1):236-250.